Culture et règles

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Culture et règles

Message  Mme Emel le Sam 26 Sep - 21:05

Examinons le rapport de la culture à la règle et donc l'opposition de la culture et de la nature.
Cette opposition si évidente n'est peut-être pas si évidente que cela....



"Posons donc que tout ce qui est universel, chez l’homme, relève de l’ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier. Nous nous trouvons alors confrontés avec un fait, ou plutôt un ensemble de faits, qui n’est pas loin, à la lumière des définitions précédentes (1 , d’apparaître comme un scandale: nous voulons dire cet ensemble complexe de croyances, de coutumes, de stipulations et d’institutions que l’on désigne sommairement sous le nom de prohibition de l’inceste. Car la prohibition de l’inceste présente, sans la moindre équivoque, et indissolublement réunis, les deux caractères où nous avons reconnu les attributs contradictoires de deux ordres exclusifs : elle constitue une règle, mais une règle qui, seule entre toutes les règles sociales, possède en même temps un caractère d’universalité. Que la prohibition de l’inceste constitue une règle n’a guère besoin d’être démontré; il suffira de rappeler que l’interdiction du mariage entre proches parents peut avoir un champ d’application variable selon la façon dont chaque groupe définit ce qu’il entend par proche parent; mais que cette interdiction, sanctionnée par des pénalités sans doute variables, et pouvant aller de l’exécution immédiate des coupables à la réprobation diffuse, parfois seulement à la moquerie, est toujours présente dans n’importe quel groupe social.”

Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1947), Mouton, 1967, p. 10.


la règle suppose la sanction ...en effet le non respect de la règle appelle sa conséquence: la punition et au pire le châtiment .
La culture c'est la norme, la normalisation, et le coup de force, si je puis dire...c'est que les individus en redemandent.. affraid
Trop de normalisation tue la création Normaliser vise à rendre l'individu normatif...et non nrmalisateur...en d'autres termes, si je suis trop "reglé", trop "régulé", je risque de ne pas être capable de porter de nouvelles valeurs dont la société a besoin pour s'émanciper des modèles anciens et créer ddu neuf.
la norme est contraignante mais lorsque cette contrainte permet de dynamiser le groupe social..la contrainte devient liberté.... cheers

laissons la parole à Freud...pour lui, dans cet extrait, la norme est source de souffrance, de contrainte....

On acquiert ainsi l’impression que la civilisation est quelque chose d’imposé à une majorité récalcitrante par une minorité ayant compris com­ment s’approprier les moyens de puissance et de coercition. Il semble alors facile d’admettre due ces difficultés ne sont pas inhérentes à l’essence de la civilisation elle-même, mais sont conditionnées par l’imperfection des formes de culture ayant évolué jusqu’ici. De fait, il n’est pas difficile de mettre en lumière ces défauts. Tandis que l’humanité a fait des progrès constants dans la conquête de la nature et est en droit d’en attendre de plus grands encore, elle ne peut prétendre à un progrès égal dans la régulation des affaires humaines et il est vraisemblable qu’à toutes les époques, comme aujourd’hui, bien des hommes se sont demandé si cette partie des acquisitions de la civilisation méritait vraiment d’être défendue. On pourrait croire qu’une régulation nou­velle des relations humaines serait possible, laquelle, renonçant à la contrainte et à la répression des instincts, tarirait les sources du mécontentement qu’ins­pire la civilisation, de sorte que les hommes, n’étant plus troublés par des conflits internes, pourraient s’adonner entièrement à l’acquisition des res­sources naturelles et à la jouissance de celles-ci. Ce serait l’âge d’or, mais il est douteux qu’un état pareil soit réalisable. Il semble plutôt que toute civi­lisation doive s’édifier sur la contrainte et le renoncement aux instincts; il ne paraît pas même certain qu’avec la cessation de la contrainte, la majorité des individus fût prête à se soumettre aux labeurs nécessaires à l’acquisition de nouvelles ressources vitales. Il faut, je pense, compter avec le fait que chez tout homme existent des tendances destructives, donc antisociales et anti­culturelles, et que, chez un grand nombre de personnes, ces tendances sont assez fortes pour déterminer leur comportement dans la société humaine”.

Sigmund Freud, L’Avenir d’une illusion (1927),
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